Risque de contrepartie

Débats sur la FVA

Faut-il inclure la FVA dans l’évaluation en juste valeur économique des produits dérivés ?

Il y a actuellement une polémique dans l’industrie de la finance quantitative au sujet de la prise en compte de la FVA dans l’évaluation des produits dérivés.
Cette discussion a atteint son paroxysme lors de la publication de l’article de John Hull et Alan White dans la revue Risk en 2012.
Les deux auteurs s’opposent à la prise en compte d’ajustements liés aux opérations de financement de la banque dans le prix des produits dérivés, là où les praticiens s’accordent pour évaluer et éventuellement intégrer la FVA dans la valorisation de ces produits.

News Letter N°9

Ce neuvième numéro de notre Newsletter aborde à nouveau le risque de contrepartie mais ici sous la forme d'une comparaison entre la nouvelle méthodologie SA CCR de calcul de l'exposition et la CEM en vigueur.
Naturellement, nous abordons les écarts méthodologiques, mais nous vous présentons également les évolutions du processus de calcul, pour alimenter votre réflexion.
En effet, la méthode SA CCR doit être implémentée d'ici le 1er janvier 2017.
 

Valuation of Credit Default Swaps with Wrong Way Risk - The Model Implementation and a Computational Tune-Up

Depuis la faillite de Lehmann Brother en 2008, estimer le risque de contrepartie est devenu un enjeu majeur pour les institutions financières. Dans cet article, les auteurs reprennent les travaux de Brigo et Capponi sur le calcul de la CVA sur CDS. La CVA, Credit Valuation Adjustment, est l’ajustement qu’il faut faire sur le prix d’un dérivé pour  tenir compte du risque de défaut de sa contrepartie, dans le cas bilatéral le prix est ajusté en  tenant aussi compte du défaut de l’acheteur de protection. La corrélation entre les temps de défaut des trois entités est prise en compte par les auteurs via l’introduction une copule gaussienne qui permet de les corréler et de prendre en compte le Wrong Way Risk. Les instants de défaut sont générés par une modèle à intensité stochastique, et la fonction de répartition de l’intensité de défaut est calculée par la méthode d’inversion de Fourier.

CVA and Wrong Way Risk

Les auteurs proposent un modèle simple pour incorporer le Wrong Way Risk et le Right Way Risk dans le calcul de la CVA. Ce calcul est réalisé par un vendeur pour déterminer la réduction de valeur d’un portefeuille de dérivés liée à la possibilité d’un défaut de paiement de la contrepartie. Le modèle proposé relie le taux de défaillance de la contrepartie à la valeur de la transaction. Les résultats numériques réalisés sur une portefeuille de 25 produits financiers dépendant de cinq variables de marché sont présentés. L’article montre que le Wrong Way Risk et le Right Way Risk ont un impact significatif sur les sensibilités de la CVA aussi bien que sur la CVA elle-même. Il est aussi montré que ces effets dépendent des contrats de garantie financière.

Effective modeling of wrong way risk, counterparty credit risk capital, and alpha in Basel II

Les accords de Bâle II (2006) permettent d’utiliser une méthode interne pour calculer le capital minimal requis pour le risque de contrepartie de crédit. La charge en capitale est déterminée à l’aide d’une formule pondérée utilisant la PD, l’EAD, la LGD et la maturité M comme variables. Pour les portefeuilles de produits dérivés le traitement était initialement le même que celui de l’accord de Bâle I (1995), avec la méthode « mark-to-market plus add-on ». L’accord finale de Bâle II a permis l’utilisation de modèles internes pour calculer L’EAD et M à l’aide des concepts d’exposition positive attendue (EPE), d’effective EPE, de maturité effective et de « alpha multiplier ». Ce coefficient joue un rôle très important car il vient multiplier à la toute fin du calcul réglementaire le capital minimal requis pour le risque de contrepartie. Réglementairement, il vaut 1,4. Mais les banques ont la possibilité de la calculer via des modèles internes. Dans ce cas, sa valeur ne pourra pas être inférieure à 1,2. Le modèle interne pour le calcul de l’alpha offre à lui seul la possibilité de réduire le capital requis d’environ 15%.  Alpha est une mesure globale du Wrong Way Risk sur l’ensemble du portefeuille bancaire. Les auteurs montrent comment ce risque peut être pris en compte avec un modèle à facteurs, similaire au  modèle à copule gaussienne pour les dérivés de crédit au travers des corrélations entre les différents facteurs de risque de crédit et de marché.

Network structure and systemic risk in banking systems

Cet article présente une méthode pour analyser le potentiel de contagion et le risque systémique d’un réseau d’institutions financières interdépendantes. Le réseau est caractérisé en utilisant une métrique particulière: l’indice de contagion. La méthode est utilisée pour les institutions financières brésiliennes entre 2007 et 2008. Elle permet d’analyser le bilan de ces banques et leurs contributions au risque systémique. En particulier l’accent est mis sur l’influence du l’hétérogénéité du réseau et la concentration des expositions des contreparties vis-à-vis d’une institution donnée en expliquant son importance d’un point de vue systémique. Cette analyse plaide en faveur d’une exigence en capitale dépendant de l’exposition, plutôt qu’agrégée à partir des bilans.  Elle montre aussi que les mesures de risque pour intégrer le risque systémique doivent être estimées conditionnellement et non pas en moyenne. Finalement, les auteurs montrent que les institutions financières brésiliennes sont peu sensibles à des effets de contagions qui mèneraient à leurs faillites. Ces effets peuvent cependant dans certains cas mener à des pertes très importantes.

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