Instabilité

Pendant une crise financière, la structure des échanges entre les différents acteurs peut se modifier très rapidement, après des périodes de relative stabilité. Les indicateurs de risque, aussi bien que les stratégies permettant d’y faire face, sont alors souvent défaillants.
Nous développons une méthode novatrice permettant d’adapter l’ensemble des indicateurs et des stratégies en y intégrant des événements à venir, incertains, mais pour lesquels il existe de très fortes suspicions. Les indicateurs et les stratégies de gestion pourraient alors retrouver leurs pertinences, dotant ainsi les acteurs financiers d’outils pour agir en période de crise.
 Nous appliquerons prioritairement ces concepts aux marchés des changes et aux marchés des matières premières. Ils sont représentatifs de deux cas extrêmes de fonctionnement sur lesquels les caractères non gaussiens des marchés sont très visibles: le marché des changes internationaux ést très volumineux en termes d’échange alors que certains marchés des matières premières sont beaucoup plus restreints, comme le marché de l’énergie. Ces différences de volumes échangés rendent la problématique très différente du point de vue de la gestion des risques. Ils nous serviront de cas limites pour démontrer l’intérêt de notre démarche. 
 
La modélisation de l’instabilité des marchés est un sujet fondamental en finance. Les modèles Garch, les modèles à volatilité stochastique, les processus à saut permettent une première approche, mais avec des difficultés techniques les rendant souvent inopérants en période de crise. Par la suite des modèles à changement de régime ou à changement d’état permettent d’aborder l’instabilité en distinguant bien différentes époques. Ici nous allons plus loin, en mettant l’humain au cœur du dispositif de mesure financier, en lui permettant d’apporter sa «  vision » du marché en crise et de la mélanger au système probabiliste classique.
 
On définit donc un système hybride humain-calculateur. L’approche a été très partiellement mise en avant par les instances réglementaires demandant que les calculs probabilistes ou statistiques soient complétés avec des tests de résistance vis-à-vis de scénarios économiques défavorables. Ici, pour la première fois nous proposons un système hybride, qui sera le point de départ d’une réflexion plus vaste portant sur l’instabilité et l’incomplétude des marchés.
 
D’un point de vue scientifique il présente de nombreuses difficultés tant numériques, que mathématiques pour réaliser les calculs sur de très importants portefeuilles en des temps raisonnables.