Illiquidité

Les problèmes de liquidité de la crise de 2007 et 2008 ont montré comment les volumes en jeu dans les échanges financiers pouvaient jouer un rôle de première importance, au côté de la dynamique des prix. Pour bien comprendre les mécanismes à l’œuvre nous modélisons les échanges à leurs niveaux le plus élémentaire, celui du carnet d’ordre, ou les volumes, les prix et la confrontation de l’offre et de la demande sont directement observables. La microstructure du marché n’a jamais été incorporée aux calculs des risques. En replaçant des moyennes sur la journée ou des cours de clôture par des milliers de données, dont la dynamique est jusqu’à présent ignorée, on peut enrichir de manière considérable l’information traitée par les systèmes de risque.
Les modèles multi-échelles nous permettront de faire les liens entre des processus se déroulant à l’échelle de la seconde à ceux usuellement utilisés pour la gestion des risques et se déroulant à  l’échelle de la journée ou de l’année. Ils ont été pensés pour appréhender la dynamique des prix et non l’ensemble des données qui font le marché (prix et volumes proposés au sein d’un système de double enchère). Nous souhaitons proposer une approche radicalement nouvelle pour se protéger du risque de liquidité, mais aussi pour mieux modéliser le marché à l’aide de l’ensemble des données disponibles. Sur le plan mathématique il s’agira de coupler les équations différentielles décrivant le marché à l’échelle des carnets d’ordre avec celles régissant les prix des produits financiers, et de trouver des lois et des indicateurs simplifiés manipulables par les opérateurs de marchés. Une meilleure modélisation du marché doit nous permettre une meilleure anticipation en période de crise en particulier en ce qui concerne les problèmes de liquidité.